1-866-691-7202 | fshq@histoirequebec.qc.ca

Fédération Histoire Québec

Journées d'échanges

 
Vendredi, le 25 octobre 2019

8h00: Accueil et inscription
9h00: Mot de bienvenue par Alain Roy, président du comité organisateur

9h15: Séance 1 : Aménagement, paysage et mouvement présidée par Maude-Emmanuelle Lambert

• Claire Poitras, INRS, « Lire le paysage urbain/suburbain et routier avec les lunettes de Reyner Banham »
Cette communication vise à mettre en lumière l’expression de la modernité architecturale et urbanistique telle qu’analysée par l’auteur et critique architectural britannique Reyner Banham (1922-1988) dans la ville de Los Angeles au cours des années 1960 et 1970. Considérablement détestés et dénigrés par les professionnels de l’aménagement, le développement de la mégalopole californienne et son cadre bâti constituent selon cet architecte une nouvelle manière de concevoir l’urbain. La réflexion originale de Banham s’appuie sur une lecture du paysage urbain/suburbain où prédominent les autoroutes, les vastes boulevards et un environnement bâti hétéroclite, voire discordant. Désormais interprétée comme une ville paradigmatique, Los Angeles matérialise une métropole post-industrielle étalée et fragmentée. Plus de cinquante ans après la publication de l’ouvrage Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies quel regard peut-on porter sur cette métropole et que nous enseigne la lecture de Banham?

• Pauline Wolff, Université de Montréal, « Urbanisme et mouvement : construction épistémologique d'un discours et évolution du sens »
Une lecture des auteurs fondateurs de l’urbanisme indique qu’une préoccupation pour le mouvement était centrale dans la constitution du discours de la discipline : Cerdà et ses coins coupés, Haussmann et ses grands réseaux, Howard et sa Cité Jardin comme espace de promenade, Hénard et ses carrefours giratoires, Burnham et Bennett et leur système de voies et de parcs. Pourtant, tout indique que ces réflexions sur le mouvement ont été mises de côté autour de 1930 par les urbanistes et, dans une certaine mesure, oubliées par eux jusqu’au mobility turn. Par l’analyse sémiologique du discours d’un corpus de textes fondateurs et un travail historiographique sur le placement du sens du mouvement depuis le 17e siècle, cette présentation propose de démontrer que l’urbanisme naissant se place en héritier, influencé par une manière antérieure et extérieure de penser le mouvement, transférée d’autres univers de sens cumulés, de la circulation vitale à l’évidence du progrès.
 
• Alain Gelly et Matthieu Paradis, Parcs Canada, « Les canaux historiques: un paysage un mouvement unique »
Situés en milieu urbain, les canaux de Lachine et de Chambly constituent de bons exemples de paysage en mouvement. Bien que les espaces agricoles, portuaires, industriels, urbains aient tour à tour contribué à façonner le paysage et l’environnement de ces voies navigables, le canal ou le corridor de navigation en demeure l’élément central. Or, en raison des pressions de développement urbaines actuelles, ces deux lieux historiques nationaux voient le paysage les bordant se modifier. Si l’Agence Parcs Canada ne dispose pas d’autres pouvoirs que celui de la sensibilisation / persuasion pour influencer ces transformations, elle n’entend pas pour autant demeurer inactive. En ce sens, tout le travail abattu pour mieux cerner le paysage historique urbain du canal de Lachine et une meilleure compréhension du paysage de celui Chambly s’inscrit dans cette volonté. Telle est la thématique abordée par cette communication. 

10h30: Pause

11h00: Séance 2 : Mouvement, tourisme et mise en valeur présidée par Denis Boucher

• Maude-Emmanuelle Lambert, Bibliothèque et Archives Canada, « Tourisme automobile, aménagement et perception des paysages routiers dans l’après-guerre au Québec et en Ontario »
La période qui s’ouvre après 1945 marque un tournant majeur dans l’histoire du tourisme au Québec et en Ontario. Après les années creuses de la crise économique et de la guerre, les gouvernements québécois et ontariens souhaitent jouer un rôle de premier plan dans la relance du tourisme et sa réorganisation. Ma communication propose d’explorer de quelles manières ces gouvernements vont miser sur un tourisme axé sur le système automobile. Alors que les chercheurs ont surtout décrit les aménagements techniques auxquels donne lieu l’automobile et les ont considérés comme autant d’éléments isolés les uns des autres, cette démarche propose d’identifier les processus qui transforment et créent le territoire. J’analyserai la manière dont les gouvernements ont modelé le territoire pour agrémenter les déplacements et les rendre plus fonctionnels à la mobilité, mais aussi, les différentes perceptions des paysages routiers chez les touristes au cours de la période 1945-1967.

• Pascale Marcotte, Université Laval, « Tourisme et canaux : Se mouvoir dans l’espace et le temps, et être accueilli dans un espace mouvant »
Par définition, le tourisme est un déplacement dans l’espace et dans le temps, un épisode « hors de l’environnement quotidien ». Il suppose un itinéraire qui relie des espaces différents, et où se produiront des expériences aux temporalités différentes. L’intérêt des touristes peut se porter sur la destination finale, mais dans certains cas, ce sera le voyage, le déplacement comme tel, qui les intéressera. Les touristes se plairont alors à contempler le monde d’un point de vue et à un rythme inhabituels. Les canaux, moyen de locomotion d’une autre époque, parcourus à la vitesse d’un autre temps, peuvent répondre à cette recherche d’exotisme. Leur mise en tourisme pose toutefois des défis nombreux, notamment de gouvernance. Traversant plusieurs territoires, offrant des points de vue tour à tour industriel, agricole ou résidentiel, les intérêts des acteurs touristiques responsables de ces territoires peuvent diverger, tout comme divergera l’image qu’ils offriront aux touristes. La « désuétude » des canaux a également entraîné le déplacement des services touristiques nécessaires à l’accueil des visiteurs, réduisant leur accessibilité. Cette communication vise à présenter des défis de la mise en tourisme des canaux, et à illustrer des bonnes pratiques.

12h00: Dîner

13h15: Séance 3 : Portages et voies navigables : les enjeux présidée par Alain Gelly

• Emma Kahente Ouimet et Philippe Boucher, Université Concordia, « Les impacts des infrastructures routières et navigables sur la communauté de Kahnawake »
En vivant près du fleuve Saint-Laurent, nous ne sommes pas toujours conscients de l’histoire et des sacrifices faits dans la région par les peuples autochtones. Les Kanieh’kehaka, également connus sous le nom de Mohawks, ainsi que les Anicinapek (Algonquins), étaient les premiers habitants de Tiohtiá:ke (Montréal). Maintenant, vivant sur de petites réserves, l’histoire des liens environnementaux que les Mohawk ont avec les infrastructures routières et navigables est souvent oubliée ou ignorée. Cette présentation abordera l’histoire de la construction du canal du Saint-Laurent, des autoroutes et des voies ferrées qui passent à travers la réserve de Kahnawake. On y analysera les impacts qu’ils ont eu sur la culture mohawk, les aliments traditionnels, la pêche, les liens avec la terre et l’environnement. L’objectif est d’analyser le contexte dans lequel ces infrastructures ont été érigés pour mieux comprendre les traces tangibles qu’elles ont laissé sur le territoire ainsi que les traces idéelles et mémorielles sur la communauté de Kahnawake.
 
• Michael McBane, Les Amis du Sault-des-Chats, « Portage, chemin à traction chevaline et canal aux chutes des Chats : les traces d’un patrimoine culturel et sa mise en valeur »
Cette présentation propose d’explorer les éléments forts du patrimoine du secteur du Sault-des-Chats, un terme qui fait référence aux anciennes chutes et rapides situés sur l’Outaouais supérieur. Site d’un portage fréquenté par les peuples autochtones, on y retrouve les vestiges d’un poste de traite, des glissoirs, des scieries ainsi que des chantiers construits et opérés par certains de plus grands entrepreneurs de l’industrie du bois du 19e siècle tels que John Egan, Joseph Aumond et Ruggles Wright. Ce lieu se distingue aussi par différents travaux de contournement qui y ont été réalisés comme un chemin à traction chevaline à travers la forêt et le percement d’un canal et d’une série d’écluses qui devaient faciliter la navigation sur l’Outaouais de Montréal à la baie Georgienne.

Cette riche histoire et la présence de vestiges culturels sur le terrain, a motivé un groupe de citoyens à mettre sur pied en décembre 2016, une organisation à but non lucratif, les Amis du Sault-des-Chats. Son objectif est de : « promouvoir les richesses patrimoniales, historiques et naturelles de la région du Sault-des-Chats […] par le biais de programmes d'interprétation et d'activités récréatives durables qui respectent sa biodiversité indigène exceptionnelle ».

• Paul-Henri Hudon, Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, « Le Richelieu rêvé versus le Richelieu effectif »
La plaine du Richelieu et sa rivière ont suscité des espérances au cours de son histoire, comme “établir un gouvernement” à Chambly, instaurer une ligne de bateaux à vapeur, canaliser le transport fluvial. La grande voie de communication, Québec-New York, souhaitée par Frontenac, concrétisée par la digue Fryer, s’est vue dépossédée par la Voie maritime Montréal-Détroit. Le flottage des cageux de bois a été inversé. Les moulins à papier, les fonderies et les barrages hydroélectriques ont connu des succès mitigés. Bref, sans mentionner le sursaut patriote, plusieurs déconvenues ont modéré le mouvement d’expansion économique.

14h45: Pause

15h15: Séance 4 : Appropriation des paysages du mouvement/paysages en mouvement présidée par MariFrance Charette

• Alain Roy, LPHM, « Les chemins anciens du Québec, un patrimoine? Enjeux et perspectives »
Depuis longtemps, les chemins anciens sont évocateurs : constitutifs du paysage et de sa trame humanisée, ils semblent une voie ouverte vers le passé. En ce sens, plusieurs projets de mise en valeur ont été réalisés ou envisagés au Québec, principalement par des sociétés historiques locales. Cet intérêt manifeste se différencie pourtant de celui relatif au cadre bâti, pour lequel un corpus de connaissances techniques, historiques et professionnelles s’est constitué avec le temps, ce qui n’est pas le cas pour les vieux chemins. S’appuyant notamment sur les différentes recherches que nous avons mené jusqu’à date, nous proposons de dresser un bilan sur les chantiers menés et en cours, et présenter un survol des enjeux scientifiques, historiques et patrimoniaux associés aux routes historiques.

• Erik Langevin, UQAC, « Le sentier des Jésuites ou quand la réalité confronte l'imaginaire »
On ne saurait nier le fait que le territoire entre Québec et le lac Saint-Jean qu'on dénomme actuellement la Réserve faunique des Laurentides ait été fréquenté avant et après le XVIe siècle. En fait, de nombreux sites archéologiques témoignent de ce fait. Cependant, ce que les recherches archéologiques ont également démontré, c'est que ce territoire en était un peu fréquenté dans la mesure où les quelques grandes rivières qui permettent de le traverser sont parsemées d'embûches rendant la navigation difficile et risquée. Au contraire, les passages plus à l'ouest via les rivières Ouiatchouan et Saint-Maurice, ou plus à l'est, via le Saguenay et le Saint-Laurent, sont plus accueillants, le nombre de sites archéologiques connus en témoignant. Alors que cette situation était bien connue des gens des Premières Nations, les Jésuites auraient quant à eux décidé de traverser ce territoire par l'intérieur, que ce soit l'été ou l'hiver. Lors de cette présentation nous nous interrogerons non pas sur les motivations ou sur la véracité des sources qui témoignent en faveur de cette « sente », mais plutôt sur les indices écologiques, ethnologiques et archéologiques qui s’opposent à cette idée de Sentier des Jésuites.

• Jean-Nicolas Plourde, Grand Conseil de la nation Waban-Aki, « La connaissance de son territoire : un vecteur de mobilité chez les W8banakiak »
Les W8banakiak (Abénakis) occupent depuis des temps immémoriaux le Ndakinna, un territoire circonscrit entre les bassins des rivières Chaudière et Richelieu au Québec et du fleuve Penobscot et de la rivière Saco aux États-Unis. En mouvement sur ce territoire grâce aux bassins versants, les W8banakiak se sédentarisent au Québec aux 18e-20e siècles sur les rivières Saint-François (Alsig8ntekw) et Bécancour (W8linaktegw).

La sédentarisation de la nation n’est pas synonyme de la disparition de leur mobilité sur le Ndakinna. Dans les faits, la pérennité de certaines pratiques traditionnelles assure le mouvement au sein des W8banakiak. Au Québec, ceci se matérialise sur les deux rives de la vallée du SaintLaurent. À partir de deux exemples, soit l’Abenaki Becancour Trail et l’occupation du poste de guide dans les clubs de chasse privés, la communication présente comment la maîtrise des voies navigables à perpétuer la mobilité w8banaki sur le territoire du Ndakinna.

16h30: Pause

17h00: Conférence d’ouverture :

« Les patrimoines fluviaux, comme vecteur de (re)dynamisation territoriale : les exemples de la Charente (France) et du Sine-Saloum (Sénégal) » par Mickaël Augeron, Maître de conférences en histoire moderne et contemporaine, Université de La Rochelle.
Pendant des millénaires, fleuves et rivières s’imposent comme les voies de pénétration continentale et d’échanges les plus aisément utilisées. Qu’il s’agisse de la Charente en France, ou du Sine-Saloum au Sénégal (ancienne colonie française), avec leurs affluents respectifs, la navigation fluviale connaît au XXe siècle un long déclin (au profit du transport routier), associé à un exode rural particulièrement marqué. Pour les acteurs locaux et régionaux, les patrimoines (culturels, naturels, paysagers) apparaissent aujourd’hui comme un atout susceptible de relancer la dynamique économique et sociale, et donc de contribuer au développement local. Il s’agit de renouer avec les fleuves, en démultipliant les événementiels culturels, en rénovant les quais, en équipant les berges, en reconvertissant d’anciens bâtiments d’exploitation et en faisant la promotion d’activités fluvio-aquatiques. Pour drainer davantage de « visiteurs-consommateurs », face à une concurrence croissante, le processus de revitalisation tend même à s’accélérer du côté français, avec une adaptation permanente aux mutations du secteur touristique (modification des pratiques, avec un besoin renforcé de « nature » ; valeurs écologiques de plus en plus fortes ; montée en puissance du « slow tourism » et du tourisme fluvestre) et la volonté de faire du fleuve la « colonne vertébrale » de la découverte des territoires, ses abords étant utilisés comme autant de ramifications ou de points d’appui pour poursuivre la visite. Au confluent de l’histoire maritime, sociale et culturelle, l’histoire des fleuves et rivières nourrit une réflexion paysagère de première importance, qui repose en grande partie sur la réalisation d’inventaires patrimoniaux.

18h00: Vin d’honneur

Samedi, le 26 octobre 2019

8h00: Accueil et inscription

9h00: Séance 5 : Les voies anciennes : de Montréal au Témiscouata présidée par Marc St-Hilaire

• Gilles Lauzon, historien, « Parcours riverain et chemin royal du nord de l’île de Montréal : pour boucler la boucle à Saraguay »
Boulevard Gouin, le parcours riverain nous parle du chemin royal du nord de l’île; le récit historique livré par les procès-verbaux des grands-voyers paraît plus chaotique. On trouve sur le parcours le site patrimonial du Bois-de-Saraguay. Le géographe et historien Ludger Beauregard a posé l’hypothèse, faute de document ancien probant, que le chemin n’aurait été ouvert à cet endroit qu’au début du 19e siècle. Une étude plus récente nous a amené à prendre le relais et à réexplorer l’histoire du chemin royal du Sault-au-Récollet jusqu’à Sainte-Geneviève. Un petit pont « traversant le chemin Royal » dans le bois, réparé en 1799, a suggéré une remontée jusqu’à 1743. Ce qui nous a aussi amené au pont Raimbault, plus à l’est, emporté par les eaux avant d’être reconstruit en 1788, puis au chemin de la côte Saraguay, à l’ouest, née d’une double inversion de côte rurale. Bref, une histoire renversante dédiée à Ludger Beauregard.

• Denise Caron, historienne, « La diversité montréalaise »
Montréal est une ville complexe qui compte plusieurs milliers de kilomètres de voies publiques. Une commande d’étude sur l’évolution d’une ou de plusieurs de ces voies est encore très rare à la Ville de Montréal puisque seulement quelques-uns de ces chemins, boulevards, avenues, allées ou rues ont été documentés en profondeur.

Basée sur mon expérience de consultante, quelques exemples illustreront la diversité des études qui peuvent être produites pour la Ville et les défis qu’elles représentent. C’est ainsi que le chemin de la Côte-des-Neiges témoigne d’une dynamique d’évolution très différente de celle du chemin de la montagne ou d’un secteur comportant une trame urbaine planifiée. Les sources sont souvent à découvrir et l’approche à développer, voire à inventer.
Ces voies qui nous transportent quotidiennement prennent racine dans des contextes particuliers et nous amènent dans des profondeurs historiques variées. Si ces voies nous permettent de sillonner un territoire et d’en découvrir la diversité de paysages, les études devraient permettre de porter sur elles un nouveau regard.

• Billy Rioux, « Le Chemin du Portage, vecteur de la mémoire identitaire bas-laurentienne »
Inauguré en 1783, le chemin du Portage était une route terrestre reliant le fleuve Saint-Laurent au lac Témiscouata, dans la région du Bas-Saint-Laurent. Constituant un axe de communication entre l’Acadie et Québec, il a été utilisé, entre autres, pour assurer le service postal intercolonial et le déplacement des troupes militaires britanniques. Bien qu’il ait déjà suscité la curiosité de certains historiens (Campbell, 2005; Craig, 2017; Voisine, 1958), son importance stratégique et ses multiples utilisations historiques peuvent encore soulever plusieurs questions. Depuis 2017, les MRC de Rivière-du-Loup et du Témiscouata ont entamé un vaste projet de mise en valeur du chemin du Portage. Des témoignages de citoyens recueillis lors de rencontres publiques confirment leur attachement à l’égard de ce lieu historique, voire le sentiment identitaire qu’il génère. Qu’est-ce qui distingue l’objet d’histoire de l’objet de patrimoine? Dans le cadre de cette communication, nous souhaitons démontrer que l’identité locale des communautés établies le long du chemin du Portage s’est alimentée à l’attrait de mobilité généré par ce dernier, que par une quelconque connexion à la terre ou au fleuve comme on pourrait s’y attendre d’une communauté bas-laurentienne.

• Ghislain Gagnon, Ministère des transports du Québec, « Les voies de communication du Témiscouata: L’autoroute 85 à la croisée des chemins »
La démarche archéologique réalisée dans le cadre du projet de construction de l’autoroute 85 a permis d’identifier de nombreuses traces tangibles témoignant de l’ensemble des axes de communication passés et actuels reliant la vallée du Saint-Laurent et les provinces maritimes, à travers le Témiscouata. La présentation proposera une histoire synthèse du développement des axes de communication à travers le Témiscouata, en regard des résultats obtenus dans le cadre des divers mandats d’études confiés par le ministère des Transports du Québec depuis le début des années 2000. Une attention particulière sera faite sur l’apport des nouvelles technologies pour identifier le potentiel archéologique des axes routiers et permettre une meilleure interprétation des données.

10h30: Pause

11h00: Séance 6 : Caractériser les paysages culturels du mouvement présidée par Richard M. Bégin

• Gérald Domon, Gérard Beaudet et Karl Gauthier, Université de Montréal, « L’Observatoire photographique des paysages, un outil pour mieux comprendre et agir sur ce qui s’offre à la vue »
Dans le cadre de l’élaboration de son premier schéma d’aménagement, quelque 600 photographies de sites d’intérêt esthétique ou patrimonial ont été prises sur le territoire de la MRC de Memphrémagog en 1986 et 1987. Trente ans plus tard, une soixantaine d’entre eux ont été revisités et photographiés à nouveau. S’agissant non seulement de documenter le vieillissement des lieux mais aussi de comprendre les transformations, les témoignages de 58 personnes (propriétaires, résidents, élus, etc.) ont été recueillis pour compléter la recherche documentaire. Les résultats font ressortir la diversité des trajectoires, celles-ci allant de la conservation quasi-intégrale, comme dans le cas de certains bâtiments religieux et de certains commerces à la disparition totale comme dans celui de plusieurs bâtiments de ferme. Prenant appui sur la présentation d’exemples types, la communication fait ressortir les enseignements d’un suivi sur quelque trente ans et dégage certaines pistes d’intervention en matière de protection et de mise en valeur des paysages d’Intérêt esthétique et patrimonial.
 
• Gwénaëlle Le Parlouër, Parcs Canada, « Étude patrimoniale du paysage culturel du corridor autoroutier de la transcanadienne dans les parcs nationaux de Yoho et de Glacier »
En 2014, la transcanadienne, une des routes les plus mythiques au Canada, a été désignée événement historique national. Bien que son tracé passe par de nombreux parcs nationaux, la transcanadienne n’avait pas encore fait l’objet d’études patrimoniales afin de comprendre le paysage culturel qu’elle compose au sein de ces derniers. Or, la demande de doubler les voies de la transcanadienne dans les parcs nationaux de Yoho et de Glacier a été l’élément déclencheur qui a ouvert la possibilité d’étudier 90 km des 7821 km du paysage culturel que forme la transcanadienne. L’étude est le fruit d’un travail d’équipe multidisciplinaire qui allie recherche historique et archéologique associée aux données de la géomatique, ainsi qu’une analyse patrimoniale. Il en résulte une identification culturelle du paysage divisé en secteurs patrimoniaux, auxquels des valeurs patrimoniales et des éléments caractéristiques ont été attribués à partir de critères d’évaluation. L’objectif final étant d’aider à la planification du dédoublement des voies de la transcanadienne de manière à minimiser la perte culturelle de ce paysage autoroutier. 

12h00: Dîner

13h15: Séance 7 : Atelier d’idéation / étude de cas présidée par Elisabeth Warren

• Sylvie Turcotte, Olivier Côté et Alain Roy, « Le 2e portage de Hull et le quartier Val-Tétreau. Enjeux de préservation et mise en valeur»
Le 2e portage des Chaudières, situé en amont des chutes du même nom sur l’Outaouais, fait partie d’un ensemble de portages empruntés par les autochtones, découvreurs et voyageurs depuis fort longtemps. Un des rares portages du Québec toujours présents dans l’environnement, il a été l’objet de plusieurs commémorations, témoignant des divers efforts de construction identitaire canadienne. Pourtant, même s’il est un élément patrimonial important du quartier Val-Tétreau de Gatineau, il reste peu connu et mal valorisé.

Actuellement, le comité d’urbanisme de l’Association des résidents des Jardins Taché (ARJT) oeuvre à un plan d’aménagement citoyen du quartier. Récemment, les résultats étaient présentés aux résidents, mettant l’accent sur la densification du territoire, l’arrivée du train léger, un quartier rivière pour accueillir et réunir les résidents en une communauté durable. Les résidents consultés ont noté que la question du patrimoine semblait peu présente dans le plan, alors qu’elle est centrale pour réunir une population venant de partout : du Québec, de l’Ontario, du monde. Conséquemment, les enjeux de préservation, d’aménagement et d’interprétation du site du 2e portage méritent une réflexion approfondie. Après une brève présentation du lieu et de ses enjeux, les participant.e.s à l’atelier seront invité.e.s à réfléchir et à proposer leurs idées ou solutions pour adopter la meilleure approche possible pour protéger et valoriser le site.

14h45: Pause

15h00: Séance 8 : Séance de clôture - Et maintenant ? présidée par Alain Roy

• Richard M. Bégin, Fédération Histoire Québec, « À la croisée des chemins: quel avenir pour le paysage culturel? »
Bien que la Loi sur le développement durable (2006) et la Loi sur le patrimoine culturel (2011) aient toutes deux signalé l’importance des « paysages culturels » en ce qui a trait à l’identité et au sentiment d’appartenance, il semble y avoir encore beaucoup de « chemin » à parcourir pour les préserver et les mettre en valeur. Les pratiques urbanistiques tout autant que la recherche historique sont au coeur de ce débat. Aussi, à la lumière des exposés et conférences, j’espère comme président de la Fédération Histoire Québec, poursuivre et renforcer le rapprochement et la collaboration entre le milieu universitaire et les sociétés membres de la FHQ pour favoriser la connaissance et la sensibilisation à l’endroit des routes terrestres et chemins d’eau. S’appuyant sur sa propre expérience et celle des conférenciers, il souhaite en arriver à une plus grande convergence entre patrimoine, urbanisme, tourisme et développement économique.

• Denis Boucher, Conseil du patrimoine culturel du Québec, « Emprunter la voie du patrimoine projet »
Alors que se pose avec acuité le partage des responsabilités dans la protection et la mise en valeur du patrimoine au Québec, l’intérêt suscité par la valorisation des voies terrestres et navigables anciennes est hautement pertinent. Ce regard porté sur les paysages et les ensembles patrimoniaux s'inscrit dans un rapport dynamique qui, à bien des égards, rejoint l'idée du patrimoine projet. Cette idée se veut une façon d'aborder la question patrimoniale non plus sous l'angle de la sauvegarde mais en tant que projet de communauté, rassembleur et porteur de volontés citoyennes.

• Gérald Domon, Université de Montréal, « Les enjeux du paysage »
Traditionnellement lié aux domaines des arts et du jardin, le paysage a, au cours des deux dernières décennies, été au coeur des débats soulevés par différents projets : déploiement de la filière éolienne, mise en place d’infrastructures de transport énergétique, exploitation forestière, etc. L’examen de ces débats permet de mieux comprendre les enjeux soulevés par la question du paysage. Il s’agit, d’une part, d’en arriver à développer des mécanismes assurant une certaine équité sociale. Il s’agit aussi, d’autre part, d’inscrire la prise en compte du paysage au sein d’une véritable politique d’aménagement du territoire, politique qui tarde à être mise de l’avant.
 
• Dinu Bumbaru, Héritage Montréal, « Paysages en mouvement et chartes internationales »
En 2008, l’assemblée générale d’ICOMOS réunie à Québec à l’Invitation du comité canadien, adoptait la charte internationale sur les itinéraires culturels. Fruit d’un long travail de réflexion, consultation et rédaction, ce document s’inscrit dans un grand mouvement du paysage conceptuel et pratique du patrimoine qui a vu sa définition s’enrichir depuis les années 1960, s’ouvrant de la restauration des grands monuments d’histoire et d’art, aux paysages et aux valeurs diverses que portent les lieux de patrimoine, y compris les parcours. En se fondant sur une définition ouverte aux lieux terrestres et marins, au concept d’ensemble partagé, de valeurs ainsi que du caractère dynamique de ce patrimoine, la charte énonce des principes pour l’identification, l’authenticité, la participation publique, l’usage durable ou encore la mise en valeur des itinéraires culturels comme patrimoine.
 
 


Haut de la page