Inventaire du patrimoine commémoratif du Québec
Inventaire du patrimoine commémoratif du Québec Bilan du projet – Mars 2024 – Mars 2026 – données du 19 mars 2026
Présentation du projet
De mars 2024 à mars 2026, la Fédération Histoire Québec a coordonné, dans le cadre de la Convention DAF 545250 avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le premier inventaire systématique du patrimoine commémoratif québécois à l’échelle du territoire, hors Ville de Québec et île de Montréal.
L’objectif était de documenter, recenser et verser au Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ) les repères commémoratifs présents dans l’espace public québécois : plaques, monuments, cénotaphes, sculptures commémoratives, espaces mémoriels, fresques et murales.
Ce chantier s’inscrit directement dans la mise en œuvre de la Stratégie québécoise de commémoration (2022) du ministère de la Culture et des Communications, qui prévoit notamment le soutien à la réalisation d’inventaires du patrimoine commémoratif et la diffusion des données dans le RPCQ.
Coordination et équipe
Le projet a été coordonné par Caroline Cudia, dont le mandat a couvert l’ensemble du cycle : mobilisation des organismes membres, formation, accompagnement, contrôle qualité, révision linguistique et versement des fiches dans le système provincial PIMIQ. Caroline Cudia en a été le pivot, mais la réussite du projet est collective : l’équipe permanente de la FHQ, les administratrices et administrateurs bénévoles du conseil d’administration, et les dizaines de bénévoles et de professionnels au sein des organismes membres ont tous contribué à faire de cet inventaire ce qu’il est. Mars 2026 marque la conclusion d’un mandat rigoureux et structurant pour la Fédération.
Mobilisation et résultats
Chiffres clés
- 952 fiches retenues
- 62 organismes membres participants
- 13 régions administratives couvertes
- 169 municipalités documentées
- Plus de 31 publications sur les médias sociaux de la FHQ, portée organique pouvant atteindre 60 654 vues pour une seule publication
Données en date du 19 mars 2026.
Couverture régionale
La répartition géographique des fiches reflète la densité du réseau FHQ dans chaque région. La Montérégie (222 fiches, 23,4 %) et la Capitale-Nationale (137 fiches, 14,5 %) sont les plus représentées. Chaudière-Appalaches (132 fiches, 13,9 %), le Saguenay–Lac-Saint-Jean (78 fiches, 8,2 %), la Mauricie (70 fiches, 7,4 %), Lanaudière et le Bas-Saint-Laurent (66 fiches chacune, 7,0 %), puis la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (58 fiches, 6,1 %) suivent. La Côte-Nord, avec 7 fiches, demeure sous-représentée.
Ces écarts traduisent l’état même du réseau mobilisé. Là où les sociétés d’histoire sont actives, structurées et bien encadrées, l’inventaire est dense et de haute qualité. Là où elles manquent de ressources ou de présence, les silences du catalogue sont eux-mêmes des données.
| Région | Fiches | % |
| Montérégie | 222 | 23,4% |
| Capitale-Nationale | 137 | 14,5% |
| Chaudière-Appalaches | 132 | 13,9% |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | 78 | 8,2% |
| Mauricie | 70 | 7,4% |
| Lanaudière | 66 | 7,0% |
| Bas-Saint-Laurent | 66 | 7,0% |
| Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | 58 | 6,1% |
| Outaouais | 38 | 4,0% |
| Laurentides | 36 | 3,8% |
| Estrie | 28 | 3,0% |
| Centre-du-Québec | 9 | 1,0% |
| Côte-Nord | 7 | 0,7% |
Un modèle de coordination fondé sur les forces du réseau
La FHQ n’a pas réalisé cet inventaire seule : elle l’a facilité et accompagné. Ce sont les organismes membres qui ont effectué le travail de terrain : identification des repères, recherche historique, documentation photographique, rédaction des fiches. La coordinatrice du projet a suivi chaque organisme à chaque étape, avec une attention particulière aux contextes locaux et aux capacités bénévoles.
En estimant entre 3 et 5 heures de travail par fiche, c’est entre 2 800 et 4 700 heures de travail bénévole et professionnel qui ont été investies dans ce chantier, hors coordination centrale. Ces heures ne figurent dans aucun budget. Elles sont le vrai moteur du projet.
Sur le plan financier, une portion significative du budget de 250 000 $ a été redistribuée directement aux organismes participants sous forme de paiements par fiche et de remboursements de kilométrage. Ce mécanisme reconnaît la valeur économique réelle du travail des sociétés d’histoire, au lieu de la tenir pour acquise.
Ce modèle où la FHQ agit comme porteur de projet et facilitateur, et les membres comme producteurs fiables de connaissances, est celui que la Fédération entend défendre et reproduire. Il a une histoire. Rodolphe Fournier (1907-1989), notaire de formation et l’un des fondateurs de la FHQ, a passé des décennies à parcourir le Québec pour recenser, décrire et photographier les monuments et lieux historiques de son époque. Sa série Lieux et monuments historiques, publiée à compte d’auteur, diffusée dans les sociétés locales, ignorée des circuits universitaires, constitue la première tentative systématique d’inventaire du patrimoine commémoratif québécois à l’échelle du territoire. Fournier n’était pas chercheur institutionnel. Il était notaire, bénévole, citoyen attaché à son territoire. C’est précisément ce qui donnait à son travail sa portée : il allait là où les archives ne vont pas, documenter ce qui est planté dans la terre et devant les églises.
L’inventaire IPC reprend cet élan, soixante ans plus tard, avec les outils du XXIe siècle. Mais la légitimité qu’il revendique est la même : celle d’un réseau citoyen qui connaît son territoire, qui l’habite et qui juge que ce qui s’y trouve mérite d’être documenté et transmis. La production de connaissance sur le patrimoine commémoratif n’a jamais attendu les circuits académiques au Québec. Elle les a précédés, et elle les précède encore.
Ce que l’inventaire révèle sur la commémoration québécoise
Les 952 fiches du catalogue constituent un corpus sans précédent pour l’étude des pratiques commémoratives au Québec. Les repères recensés peuvent être interprétés comme des « lieux de mémoire », au sens défini par Pierre Nora : des unités significatives, matérielles ou symboliques, que la volonté des hommes ou le travail du temps a chargées d’une valeur mémorielle pour une communauté, et qui naissent précisément quand la mémoire cesse d’être spontanément transmise et doit être volontairement entretenue.
La plaque : forme dominante et révélatrice d’une culture
Sur les 952 fiches, 681 sont des plaques commémoratives et 264 relèvent du patrimoine immobilier (monument, espace commémoratif, murale, sculpture). Ce résultat n’est pas anodin. La plaque permet de reconnaître une personne, une institution ou un événement sans l’investissement financier et symbolique qu’exige un monument. Elle est accessible aux associations de petite taille, aux municipalités à budget limité et aux familles. Sa prévalence confirme que la commémoration québécoise est largement portée par des acteurs locaux disposant de moyens modestes, ce qui structure directement la nature du corpus : nombreux, divers, fragmenté géographiquement, ancré dans le tissu communautaire et associatif.
Le monument, lui, reste la forme attendue : c’est celle que l’imaginaire collectif associe spontanément à la commémoration. Statue en pied, obélisque, colonne surmontée ou non d’un buste : ces formes héritées du XIXe siècle européen sont présentes dans le corpus, mais elles ne le dominent pas. Le monument exige un investissement financier important, une décision collective souvent portée par une municipalité ou une institution, et un espace public suffisant pour l’accueillir. Il suppose aussi un consensus : on n’érige pas un monument sans que la communauté ne s’entende sur le nom et la figure qui méritent d’être mis en bronze ou en pierre. Ces conditions sont plus rarement réunies qu’on ne le croit, surtout dans des municipalités de petite taille ou pour des figures dont la notoriété reste locale. Le corpus compte 264 repères que l’on peut ranger sous la catégorie des monuments, soit moins du tiers de l’ensemble. Parmi les exemples les plus représentatifs figurent le Monument des Braves de Terrebonne, le Monument des draveurs décédés tragiquement en 1962 à Dolbeau-Mistassini, et le Monument des Abénakis à Saint-Joseph-de-Coleraine. Leur présence dans le corpus témoigne d’une capacité de mobilisation locale qui n’est pas uniformément distribuée sur le territoire.
Les espaces commémoratifs représentent une forme émergente : des sites qui réunissent plusieurs repères sur un même lieu, souvent inaugurés à l’occasion d’un anniversaire institutionnel. Le Parvis des bleuets étoilés à Dolbeau-Mistassini (inauguré en 2018, en expansion depuis) et l’Espace commémoratif de la rue Smith à Thetford Mines (2005) en sont deux exemples documentés dans le corpus. Cette forme rompt avec la logique du monument individuel et crée un lieu de mémoire cumulatif.
Un patrimoine commémoratif récent et en expansion
Le premier résultat est contre-intuitif : le patrimoine commémoratif québécois est majoritairement contemporain. Sur les 914 fiches pour lesquelles une date d’inauguration est connue, près de 50 % des repères ont été inaugurés après 2000. La décennie 2010 est la plus représentée avec 197 repères, suivie des années 2000 (153) et des années 1990 (109). Seulement une poignée de repères datent d’avant 1900.
| Décennie | Repères |
| Avant 1900 | 9 |
| 1900–1919 | 14 |
| 1920–1939 | 63 |
| 1940–1959 | 85 |
| 1960–1979 | 96 |
| 1980–1999 | 191 |
| 2000–2009 | 153 |
| 2010–2019 | 197 |
| 2020–2025 | 106 |
Le plus ancien repère recensé est le Monument de Louis Marcoux (1836). Le plus récent est la Plaque du parc Charles-Antoine-Ernest-Gagnon (2025). Ces deux bornes résument la portée du catalogue : près de deux siècles de pratique commémorative, documentés par des organismes citoyens.
Ce constat indique que la commémoration n’est pas un phénomène en déclin. Elle se constitue activement, décennie après décennie, portée par des individus, des familles, des associations locales et des municipalités qui décident, financent et inaugurent. Une des forces de cet inventaire est d’avoir mis en lumière les maîtres d’oeuvre de ces repères à l’origine desquels on retrouve bien souvent des organismes membres de la FHQ.
La commémoration familiale et généalogique : dominante et structurante
Le thème le plus fréquent dans le catalogue est celui de la population et du peuplement (128 fiches), reflet direct du tissu associatif qui a produit l’inventaire : les sociétés d’histoire et de généalogie honorent ce qu’elles connaissent le mieux.
À Rivière-Ouelle, huit monuments aux familles ancestrales ont été inaugurés entre 1988 et 2022 : Famille Bérubé, Familles Bois-Boies, Familles Roussel, Famille Bérubé-Savonnet, Familles Dubé, Familles Soucy, Familles Thiboutot-Boutot, Familles Gagnon-Belzile. Cette série, constituée sur trente-quatre ans, illustre une pratique mémorielle en expansion continue.
À Neuville, la Société d’histoire a documenté une série de plaques de couples fondateurs posées sur plusieurs décennies : René Alary dit Grand-Alarie et Louise Tibaut (2000), Nicolas Matte et Madeleine Auvray (2015), Pierre Mercier et Marguerite Lamain (2024), Nicolas Langlois et Élisabeth Cretel (1992). Ces plaques constituent un acte d’attachement au territoire qui passe par la nomination des ancêtres comme condition d’existence collective.
Ce phénomène correspond à une forme certaine d’appropriation sociale de l’histoire. Le patrimoine n’est pas seulement constitué d’objets hérités du passé mais d’un processus par lequel les communautés choisissent dans le socle partagé de leur histoire ce qui mérite d’être transmis et reconnu.
La logique événementielle : la date-anniversaire comme déclencheur
L’une des constantes les plus claires du corpus est la logique événementielle. La commémoration n’est pas spontanée : elle est presque systématiquement déclenchée par un anniversaire, un rassemblement ou une célébration institutionnelle. Les anniversaires de fondation de paroisses ou de municipalités génèrent des séries de repères.
À Neuville, la murale du 350e anniversaire de l’arrivée des premiers colons et les plaques de couples fondateurs s’inscrivent dans cette logique. À Cap-Saint-Ignace, un ensemble de murales a été produit à l’occasion du 350e anniversaire de la municipalité. Ces séries montrent que la commémoration fonctionne par vagues, liées aux cycles institutionnels des communautés.
On constatera ainsi que l’histoire du Québec telle qu’elle est célébrée par son patrimoine commémoratif se nourrit d’initiatives locales, lesquelles reposent moins autour de grands récits nationaux que par accumulation de mémoires de proximité, ancrées dans des lieux, des familles et des institutions particulières.
Les thèmes du corpus
La répartition thématique du catalogue confirme que la commémoration québécoise est d’abord une commémoration de l’installation et de la construction sociale du territoire. On commémore l’arrivée, l’enracinement, le défrichement. On commémore les bâtisseurs d’institutions et les fondateurs de paroisses.
| Thème | Fiches |
| Population et peuplement | 128 |
| Arts, culture et communications | 81 |
| Construction et aménagement du territoire | 60 |
| Religion | 50 |
| Éducation | 45 |
| Gouvernance | 33 |
| Défense | 31 |
| Commerce et services | 30 |
| Groupes sociaux | 25 |
| Sports et loisirs | 22 |
| Exploitation des ressources naturelles | 18 |
| Justice et protection publique | 18 |
| Exploration du territoire | 14 |
| Santé et services sociaux | 13 |
| Transport | 11 |
| Finance et affaires | 11 |
| Travail | 7 |
Les fondateurs, les pionniers, les familles : la commémoration comme acte de filiation
Le thème de la population et du peuplement domine le corpus avec 128 fiches. Ce chiffre sous-estime probablement la réalité, car de nombreuses fiches classées sous d’autres thèmes honorent en fait des figures fondatrices. Ce que le catalogue révèle ici est sans surprise : la commémoration québécoise est d’abord une commémoration de l’arrivée et de l’enracinement. On commémore les couples fondateurs de paroisses, les premiers défricheurs, les familles souches. On pose une plaque pour dire : nous sommes là parce qu’eux étaient là avant nous. C’est un acte de filiation autant qu’un acte mémoriel.
La Nouvelle-France occupe une place centrale dans cet imaginaire commémoratif. Les plaques de couples pionniers, souvent érigées par des associations de familles ou des sociétés d’histoire et de généalogie, constituent une forme particulièrement dense dans certaines municipalités. À Deschambault-Grondines (36 fiches) et à Neuville (28 fiches), des séries entières de plaques nomment les ancêtres comme condition d’existence collective. À Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, la Fondation François-Lamy a produit 21 fiches documentant les familles souches de la paroisse. Ces repères ne commémorent pas des héros ou des événements : ils affirment une continuité. Ils disent que le territoire a été habité, que cette présence a un nom, et que ce nom mérite d’être gravé.
Les acteurs locaux et les bâtisseurs d’institutions
À côté des familles, le corpus honore massivement ceux qui ont construit les institutions qui ont structuré la vie collective : les curés fondateurs de paroisses, les notables qui ont financé une église ou une école, les médecins de campagne, les maires bâtisseurs, les religieuses qui ont ouvert les hôpitaux. Ces figures apparaissent dans presque toutes les régions et sous presque tous les thèmes.
Les curés fondateurs occupent une place de premier rang. L’abbé François-Xavier-Antoine Labelle, le « roi du Nord », est commémoré à Saint-Jérôme depuis 1924 — un monument érigé bien avant que l’État québécois ne se soucie de patrimonialiser ses figures cléricales. L’abbé Painchaud, fondateur du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, a son buste depuis 2003. L’abbé Bourg, premier curé acadien de la côte gaspésienne, a le sien à Carleton-sur-Mer depuis 2022. Ces hommes ont souvent été les premiers architectes de l’organisation sociale de leur milieu — bien avant les municipalités, bien avant les institutions publiques.
Les figures politiques et les notables suivent de près. Antoine Girouard, curé et député, a son monument à Saint-Hyacinthe depuis 1878, l’un des plus anciens du corpus. Barthélemy Joliette, fondateur de la ville qui porte son nom, est commémoré depuis 2002. Adélard Godbout, premier ministre, a son buste à La Pocatière. Antonio Barrette, autre premier ministre, le sien à Joliette depuis 1999. La Porte des Anciens-Maires à Saint-Hyacinthe (1927) choisit une forme collective : un monument unique qui honore en série tous les élus municipaux successifs, comme si la fonction elle-même méritait d’être inscrite dans la matière autant que les individus qui l’ont exercée.
Les religieuses bâtisseuses forment un segment distinct et particulièrement instructif. Émilie Gamelin, fondatrice des Sœurs de la Providence, est commémorée à La Prairie depuis 2002. Élisabeth Bergeron, fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph, à La Présentation depuis 1985. Délia Tétreault, fondatrice des Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception, à Marieville depuis 1999. Mère Marie-Léonie Paradis à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 1968. Ces femmes ont fondé des réseaux d’éducation, de santé et de services sociaux qui ont structuré des régions entières pendant des générations. Leur présence dans le corpus commémoratif est à la fois un hommage tardif et une correction partielle de leur effacement des récits dominants.
Les médecins de campagne, plus discrets, sont néanmoins présents. Le docteur William Wakeham, médecin et explorateur de la côte gaspésienne, a son monument à Gaspé depuis 2016. Le docteur Charles-Marie Labillois à Nouvelle depuis 2001. Le docteur Jacques Demers à La Pocatière depuis 2023. Ces repères honorent une figure qui a longtemps été le seul professionnel de santé sur des dizaines de kilomètres, et dont le rôle débordait largement la médecine.
Ce que ces figures partagent, c’est d’avoir exercé une autorité locale de proximité, souvent sans mandat électif, souvent sans rémunération suffisante, souvent dans des conditions matérielles difficiles. La commémoration québécoise les reconnaît comme les véritables architectes du territoire habité. Le Monument de l’ancêtre Houde à Saint-Antoine-de-Tilly honore un pionnier dont la descendance a voulu inscrire le nom dans la matière. À Shawinigan, l’Espace commémoratif Jacques Lacoursière (2024) inaugure une forme plus contemporaine du même geste : honorer de son vivant celui qui a consacré sa vie à transmettre l’histoire du Québec. La forme change, l’intention reste la même. Ce n’est pas la nation abstraite qu’on honore ici : c’est la vie locale.
La commémoration du politique : entre hommage local et enjeu symbolique
Le corpus comporte un nombre significatif de figures de la politique provinciale, commémorées non par l’État mais par leurs communautés d’origine. Antonio Barrette, premier ministre du Québec, est honoré à Joliette depuis 1999. Adélard Godbout, qui a notamment accordé le droit de vote aux femmes en 1940, a son buste à La Pocatière. Ce sont les sociétés d’histoire locales et les municipalités qui ont décidé de les inscrire dans la pierre, avec leurs propres moyens, dans les lieux où ces hommes sont nés ou ont exercé. La commémoration politique, dans le corpus de notre inventaire, est presque toujours un acte d’appropriation locale d’une figure que l’histoire provinciale a déjà consacrée ailleurs.
Le cas de René Lévesque est le plus éloquent, et le plus complexe. Le Monument de René Lévesque à New Carlisle a une histoire qui illustre à elle seule les tensions que peut générer la commémoration d’une figure d’envergure nationale. En 1999, une statue grandeur nature de l’ancien premier ministre, œuvre du sculpteur Fabien Pagé, est installée devant l’Assemblée nationale du Québec. Elle suscite rapidement la controverse : pour certains, ses dimensions ne reflètent pas l’importance historique du personnage. En 2001, elle est remplacée par une réplique surdimensionnée de huit pieds. L’originale est transportée à New Carlisle, village d’enfance de Lévesque, où elle connaît quelques années difficiles (vandalisme, manque d’entretien) avant d’être intégrée en 2018 à l’Espace René-Lévesque, institution muséale dédiée à sa mémoire. Le corpus IPC recense également une Plaque en hommage à René Lévesque (238936) et une Plaque à Lotbinière (239851).
Ce parcours, de la capitale au village natal, du monument officiel à la mémoire locale, dit quelque chose d’essentiel sur la commémoration québécoise : les grandes figures nationales trouvent aussi leur ancrage durable dans les territoires qui les ont formés.
La mémoire militaire : présente, diverse, en renouvellement
La mémoire militaire compte 31 fiches sous le thème « Défense » et est présente dans toutes les régions couvertes. La forme la plus répandue reste le cénotaphe ou le monument aux Braves, érigé dans la première moitié du XXe siècle : le Monument des Braves de Dolbeau-Mistassini (1905), le Monument des Braves de Terrebonne (1922), les plaques de Saint-Lambert dédiées aux membres des églises Saint-Mark et Saint-Barnabas.
Mais l’inventaire révèle aussi une mémoire militaire propre au Québec. En Montérégie, la densité des repères liés à la Rébellion de 1837-1838 est frappante. À Saint-Denis-sur-Richelieu seul : le Monument aux Patriotes (1913), le Cairn de la Bataille Patriote (1934), le Mémorial à Louis-Joseph Papineau (2012), et les Huit Croix aux Patriotes inaugurées en juin 2024. Cette dernière inauguration montre que la mémoire patriote est loin d’être close.
L’inventaire recense également des repères militaires autochtones, rares mais significatifs. À Listuguj, trois repères forment un ensemble cohérent : le Monument du 300e anniversaire de la conversion du chef mi’gmaq Membertou (1910), le Monument des vétérans Mi’gmaq (2021), et le Monument du 20e anniversaire de la Guerre du saumon (2001). Ce dernier commémore un affrontement entre pêcheurs mi’gmaq et autorités provinciales en 1981, une revendication politique inscrite dans la matière commémorative même. Leur coexistence sur un même territoire communautaire est en elle-même un fait historique.
La mémoire ouvrière et industrielle : discrète mais présente
La mémoire du travail et de l’industrie représente 7 fiches sous le thème « Travail » et 18 sous « Exploitation des ressources naturelles ». Ce segment est l’un des plus instructifs, précisément parce qu’il est sous-représenté dans les circuits patrimoniaux habituels.
À Thetford Mines, un ensemble cohérent de repères documente la mine, ses travailleurs et ses victimes : le Monument aux mineurs décédés (1975), la Chrysotile en hommage aux travailleurs industriels (1999), le Banc en hommage aux travailleurs de l’amiante (2017), la Croix à mémoire des Cinq (2003). Ces repères constituent l’une des rares concentrations de patrimoine commémoratif ouvrier dans l’inventaire, où la mine, les accidents, les maladies professionnelles et la solidarité de classe sont inscrits dans la matière.
À Lanoraie, un bas-relief commémore les cageux et les draveurs décédés en exerçant leur métier sur la rivière (2017). À La Prairie, trois repères inaugurés en 1986 documentent le premier chemin de fer du Canada. À Shawinigan, une plaque commémore l’ancienne aluminerie (2002). En Gaspésie, la plaque du Banc-de-pêche de Paspébiac (1981) ancre la mémoire des pêcheries dans le territoire côtier.
La place des femmes : un rééquilibrage en cours
L’inventaire révèle une réalité nuancée sur la représentation des femmes dans le patrimoine commémoratif québécois. Les repères qui leur sont explicitement dédiés restent minoritaires. Pourtant, elles apparaissent sous des formes variées, souvent collectives.
Les congrégations religieuses féminines constituent un segment distinct : les Sœurs du Bon-Pasteur à Cap-Santé et à l’Île d’Orléans, les Sœurs de la Présentation de Marie à Marieville, les Sœurs de la Charité. Ces femmes, effacées des récits dominants, ont structuré l’éducation, la santé et les services sociaux dans leurs milieux pendant des générations.
La Plaque des Filles du Roy à Sainte-Anne-de-Beaupré (2024) reconnaît le rôle fondateur des femmes dans le peuplement de la Nouvelle-France. La sculpture Femmes d’avenir à Sherbrooke (2009), hommage à Laurette Giguère de Montigny (1917-2001), fondatrice de l’Escale de l’Estrie, porte la citation gravée dans la matière : « Une femme courageusement change sa vie, les femmes solidairement changent le monde. »
L’inventaire ne corrige pas à lui seul le déséquilibre historique de la représentation féminine dans l’espace public. Mais il le documente avec précision, et cette documentation est la condition de toute action future.
La culture et les arts : deuxième thème en importance
Les arts, la culture et les communications constituent le deuxième thème en importance (81 mentions). À Péribonka, l’héritage de Louis Hémon a généré un système commémoratif complet sur plus de 80 ans : l’obélisque inaugural de 1919, le buste du centenaire de la naissance (1980), la plaque de citation, le Monument Tacon du Site de l’écriture (2006). Ce cas illustre comment une figure littéraire peut ancrer durablement son œuvre dans le territoire de sa création.
À Dolbeau-Mistassini, le Parvis des bleuets étoilés (inauguré en 2018 et en expansion) honore des artistes issus de la région : Marie-Nicole Lemieux, Julie Boulianne, Mario Pelchat, Alain Caron. Ce type d’espace, qui réunit plusieurs hommages sur un même site, représente une forme commémorative en émergence qui rompt avec la logique du monument individuel.
Le corpus documente aussi des figures majeures de la culture québécoise honorées dans leur territoire d’origine. Félix Leclerc a son monument à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans depuis 1989. Claude-Henri Grignon, l’auteur d’Un homme et son péché, a le sien à Saint-Jérôme depuis 2011. Le sculpteur Louis Jobin est commémoré à Sainte-Anne-de-Beaupré depuis 2002. Le peintre Marc-Aurèle Suzor-Coté est rappelé par une plaque à Victoriaville depuis 1950. Parmi les cas récents, la murale Hommage à Karl Tremblay à Repentigny (2024), inaugurée quelques mois après la mort du chanteur des Cowboys Fringants, illustre la rapidité avec laquelle la commémoration peut répondre à un deuil collectif, et la manière dont la culture populaire contemporaine trouve désormais sa place dans les formes traditionnellement réservées aux figures historiques.
Les formes inédites : ce que le catalogue force à penser
L’inventaire a confronté ses participants et les professionnels mobilisés à des objets qui débordent les définitions établies du patrimoine commémoratif. Ces cas limites sont parmi les plus instructifs pour comprendre l’évolution des pratiques mémorielles.
La Plaque des victimes de la Covid-19 à Shawinigan : le 10 juin 2021, le conseil municipal plante un chêne rouge à la mémoire des 44 résidents du CHSLD Laflèche décédés lors de la pandémie. Une plaque accompagne l’arbre avec des vers de Gilles Vigneault. Ce geste, sobre et ancré dans le territoire, inscrit un deuil collectif récent dans la durée par un arbre qui grandira.
La Murale de l’éclipse totale à Sutton (2024) commémore un événement astronomique. Le Mémorial mondial de la Famine irlandaise de Saint-Jérôme, inauguré en juillet 2025, lie le territoire québécois à une tragédie irlandaise du XIXe siècle. Le monument de la Guerre du saumon à Listuguj (2001) commémore un conflit entre pêcheurs mi’gmaq et les autorités provinciales en 1981, un repère qui situe la commémoration à l’intersection du patrimoine, et de la revendication encore active.
Ces formes posent une question que l’inventaire ne tranche pas mais rend incontournable : qu’est-ce que la société québécoise choisit de fixer dans la pierre ou le métal, pour qui, et pourquoi ? Ce qui est une limite du projet, dans ses prémisses, en fait finalement l’un de ses apports les plus précieux.
La géographie mémorielle comme donnée historique
Reposant sur le membrariat de la FHQ, l’inventaire produit une donnée que les sources archivistiques habituelles ne peuvent pas fournir : la distribution spatiale des repères dans l’espace public, telle qu’elle est connue et documentée par les sociétés d’histoire membres. Les lieux de concentration sont révélateurs. Les anciens cimetières, les parvis d’église, les entrées d’hôtels de ville et les terrains d’écoles secondaires sont les sites privilégiés de l’ancrage commémoratif. Ces lieux partagent une caractéristique : ils sont des espaces de passage collectif, fréquentés régulièrement par les résidents d’une communauté. Même si elle est méconnue en dehors de son territoire, l’initiative de commémoration s’affiche au regard de la communauté locale.
La carte que produit cet inventaire est donc autant une carte du réseau FHQ qu’une carte du patrimoine commémoratif québécois. Les 15 municipalités les mieux représentées dans le corpus l’illustrent : Shawinigan (57 fiches), Saint-Hyacinthe (46), Deschambault-Grondines (36), La Pocatière (34), Thetford Mines (33), Gatineau (31). Ces municipalités n’ont pas nécessairement le plus de repères commémoratifs au Québec : elles ont les sociétés d’histoire les plus actives et les mieux outillées. Le catalogue dit autant sur les producteurs de mémoire que sur la mémoire elle-même.
Impact et portée du projet
Une contribution durable au Répertoire du patrimoine culturel du Québec
Les 952 fiches versées au RPCQ constituent la contribution documentaire la plus importante jamais réalisée à cette échelle par un réseau d’organismes citoyens au Québec. Elles enrichissent un référentiel provincial accessible à tous : chercheurs, enseignants, journalistes, familles, touristes, élus.
Chaque fiche porte le crédit de l’organisme membre qui l’a produite. C’est une complexité technique et administrative qu’il a été nécessaire de résoudre puisque, dès la conception du projet il a été affirmé comme essentiel que soit reconnu formellement le travail des sociétés d’histoire comme productrices de connaissance patrimoniale.
La Stratégie québécoise de commémoration (2022) identifie trois axes prioritaires : améliorer la connaissance des repères commémoratifs, soutenir les initiatives de commémoration dans les milieux, et renforcer la participation citoyenne. L’inventaire coordonné par la FHQ répond directement aux trois.
Un projet reproductible
Le modèle développé dans le cadre de cet inventaire est documenté, testé et éprouvé. La formation des participants, l’accompagnement des membres sur le terrain, les étapes de révision et bonification, les processus de versement dans PIMIQ, le cadre de coordination entre la FHQ et les organismes membres : tout cela constitue un capital opérationnel que la Fédération entend valoriser dans de futurs projets similaires.
Les silences du catalogue sont eux-mêmes un programme. La Côte-Nord, le Nord-du-Québec, certaines MRC des Laurentides et de l’Abitibi-Témiscamingue n’ont pas été couvertes. Un futur inventaire pourrait cibler ces territoires avec des outils et une expérience déjà constitués.
Un apport à la recherche et à la connaissance du milieu
Ce corpus de près de 1 000 repères constitue désormais l’une des bases empiriques les plus importantes pour l’étude des pratiques commémoratives au Québec. Peu de travaux universitaires disposaient jusqu’ici d’un inventaire territorial aussi vaste et systématique. Le projet ouvre la voie à des recherches en histoire publique, en géographie culturelle et en sociologie de la mémoire.
Ce chantier constitue, à notre connaissance, la démarche d’inventaire du patrimoine commémoratif la plus importante jamais réalisée à cette échelle au Québec par un réseau d’organismes citoyens. Il démontre la capacité des sociétés d’histoire à produire collectivement une connaissance rigoureuse, structurée et durable sur le territoire qu’elles habitent et documentent. Et il confirme que là où ces sociétés sont actives, la mémoire collective québécoise est vivante, précise et en expansion.
Le Répertoire du patrimoine culturel du Québec : guide de consultation
Le Répertoire du patrimoine culturel du Québec (RPCQ) est la base de données publique du ministère de la Culture et des Communications du Québec. Il rassemble des informations sur des dizaines de milliers d’éléments du patrimoine culturel québécois : immeubles, objets mobiliers, œuvres d’art, événements, personnages, sites archéologiques, patrimoine immatériel et repères commémoratifs. Il est librement accessible en ligne, sans inscription.
La base est accessible à l’adresse : www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca
Accéder directement à l’inventaire section IPC (LIEN)
Comment effectuer une recherche
La page d’accueil du RPCQ propose deux points d’entrée principaux : une barre de recherche textuelle libre et un menu de navigation par catégorie. Voici les principales approches selon votre besoin.
- Recherche par mot-clé
Tapez un nom de lieu, un nom de personne, un événement ou un type de repère dans la barre de recherche en haut de la page. Le moteur cherche dans les titres et les descriptions. Exemple : taper « Patriotes » retournera tous les monuments, plaques et sites liés à la Rébellion de 1837-1838.
- Recherche par catégorie
Cliquez sur « Plaques commémoratives » dans le menu pour accéder directement à l’inventaire commémoratif. Vous pouvez ensuite filtrer par région administrative, municipalité, thématique ou période. C’est la voie la plus directe pour consulter les fiches versées dans le cadre du projet IPC.
- Navigation par région
Dans la section « Plaques commémoratives », le filtre « Région administrative » permet de limiter les résultats à un territoire précis. Combiné au filtre « Municipalité », il permet de retrouver tous les repères documentés dans une localité donnée.
- Accès direct par identifiant PIMIQ
Chaque fiche possède un identifiant numérique unique (l’identifiant PIMIQ). Pour y accéder directement, utilisez l’adresse suivante en remplaçant le numéro à la fin : www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=NUMERO&type=bien Tous les identifiants PIMIQ des fiches IPC figurent dans l’index de ce bilan (Tableau exhaustif à joindre).
- Recherche avancée
La recherche avancée (accessible via le lien en haut de la page de résultats) permet de combiner plusieurs critères : type de bien, statut de protection, période d’inauguration, thématique, municipalité. Elle est particulièrement utile pour les chercheurs qui souhaitent analyser un segment précis du corpus.
Lire une fiche RPCQ
Chaque fiche est structurée de manière uniforme. Les informations qui figurent au haut de la fiche (titre, municipalité, région, coordonnées) sont les plus fiables car elles sont validées lors du versement. La « Description historique » est rédigée par l’organisme membre qui a produit la fiche et constitue la synthèse historique de base sur le repère. La galerie photographique peut contenir plusieurs clichés, l’image principale est généralement la plus représentative du repère tel qu’il est aujourd’hui dans l’espace public.
La section « Éléments associés » relie la fiche à d’autres éléments du RPCQ (par exemple, un monument est souvent lié à sa plaque commémorative, et vice-versa). La section « Références » liste les sources utilisées lors de la rédaction.
Note sur la qualité et l’exhaustivité des données
Le RPCQ est une base de données vivante, alimentée en continu par le ministère et ses partenaires. Les informations qu’elle contient reflètent l’état des connaissances au moment du versement des fiches. Certains champs peuvent être incomplets, en particulier les coordonnées GPS, qui dépendent du niveau de détail fourni par les organismes membres lors de la documentation sur le terrain.
Procédure pour bonifier une fiche existante à confirmer avec Marie-Ève Ouellet
Liste des organismes membres participants, par région
Données en date du 19 mars 2026. Seuls figurent les organismes ayant contribué au moins une fiche versée au RPCQ dans le cadre de l’inventaire IPC.
01 – Bas-Saint-Laurent
Société d’histoire et de généalogie de la Côte-du-Sud — 25 fiches
Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation — 9 fiches
Association patrimoniale de Saint-Denis-De La Bouteillerie — 7 fiches
Corporation historique et culturelle de Rivière-Ouelle — 5 fiches
Site historique national de Paspébiac — 3 fiches
Paroisse Saint-David-de-Sully — 2 fiches
02 – Saguenay–Lac-Saint-Jean
Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine — 25 fiches
Société d’histoire du Lac-Saint-Jean — 17 fiches
Musée de la vieille fromagerie Perron de Saint-Prime — 3 fiches
03 – Capitale-Nationale
Fondation François-Lamy — 21 fiches
04 – Mauricie
Société d’histoire et de généalogie de Shawinigan (SHGS) — 36 fiches
05 – Estrie
Musée d’histoire de Sherbrooke (Mhist) — 10 fiches
07 – Outaouais
Association du patrimoine d’Aylmer — 21 fiches
11 – Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
Site historique national de Paspébiac — 15 fiches
Société historique Machault (Pointe-à-la-Croix) — 15 fiches
12 – Chaudière-Appalaches
Centre d’archives de la région de Thetford — 22 fiches
Culture et Patrimoine Cap-Saint-Ignace — 5 fiches
Patrimoine et histoire des seigneuries de Lotbinière — 1 fiche
GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu) — 1 fiche
14 – Lanaudière
Société du patrimoine et de l’histoire de Terrebonne (PHT) — 17 fiches
Société d’histoire de Rawdon — 8 fiches
Société d’histoire et du Patrimoine de Lavaltrie — 2 fiches
Maison des Cageux du fleuve Saint-Laurent — 2 fiches
Société d’histoire de Joliette-De Lanaudière — 1 fiche
15 – Laurentides
Histoire et Archives Laurentides — 19 fiches
Musée régional d’Argenteuil — 2 fiches
16 – Montérégie
Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe — 63 fiches
Société du patrimoine de Boucherville — 15 fiches
Société d’histoire et de généalogie de l’île Perrot — 14 fiches
Société d’histoire de Varennes — 11 fiches
Société d’histoire Mouillepied — 9 fiches
Société d’histoire et de généalogie de Beloeil–Mont-Saint-Hilaire (SHGBMSH) — 8 fiches
Société d’histoire des Riches-Lieux — 7 fiches
Patrimoine L’Acadie — 5 fiches
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine — 3 fiches
Société d’histoire de la Seigneurie de Monnoir — 2 fiches
La Société du Patrimoine de Sainte-Martine — 1 fiche
17 – Centre-du-Québec
Société d’histoire de Drummond — 2 fiches
Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville (SHGV) — 1 fiche